La charge mentale des femmes est un véritable problème de société. Surtout dans nos pays latins où l’éducation reste fortement genrée et où on subit le poids des héritages et des traditions. Par exemple, dans l’éducation des enfants, on va souvent avoir plus tendance à laisser les garçons sortir se défouler à l’extérieur et à pousser les filles vers des jouets orientés, comme des poussettes, des poupons, des cuisines, etc.

La charge mentale existe aussi chez les hommes

Quelques hommes sont eux aussi soumis à la charge mentale. Il va surtout s’agir de pères célibataires ou veuf ou divorcé. De plus, ces hommes ont généralement la garde alternée ou exclusive des enfants. Néanmoins, le problème touche en grande majorité les femmes dans des couples hétérosexuels. En France, 8 femmes sur 10 déclarent souffrir de manière importante de la charge mentale selon une enquête menée par Jean-Claude Kaufmann, sociologue au CNRS.

Souvent, on dit que la femme a un cerveau pour toute la famille: pour elle, pour son conjoint,  pour ses enfants, pour son travail, pour la gestion de la maison, pour l’administratif… On entend des phrases sexistes comme “fais moi penser à”, “dis le moi si tu as besoin d’aide”, “elle le fait mieux que moi” ou encore “elle aime faire le repassage/la lessive/le ménage… ».

La charge mentale épuise les femmes

Le principe de la charge mentale est le fait qu’une femme soit épuisée après avoir dû penser à tout, tout le temps et pour les autres. Les femmes réalisent un travail de gestion, d’organisation, de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant. Ce travail a pour objectif la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche du foyer.

Même si aujourd’hui on parle de partage des tâches, cela est toujours loin d’être équitable. Cela déclenche donc un ras-le-bol. Malgré tout,  les femmes vont préférer faire les choses pour qu’elles soient réalisées à leur façon. Elles finissent par penser que si les autres le font (conjoint, enfants…), ce sera forcément mal fait, plus lentement ou moins bien fait. De ce fait, elles se sentent obligées de repasser derrière.

Il est normal que les femmes en ait marre de tout superviser. Cela ne veut pas dire que les hommes ne font pas de travail domestique. Seulement que la plupart du temps ils s’y mettront à la demande ou en demandant ce qu’ils doivent faire. Finalement, ils ont tendance à ne pas anticiper les choses et à rester passifs. Or chacun doit prendre sa responsabilité.

Le partage des tâches

D’après Ipsos, la répartition par tâche au sein des couples français en 2018 est révélateur:

    • Trier le linge et lancer une lessive est fait par 21% par les hommes contre 83% par les femmes
    • Repasser est fait par 20% des hommes, contre 81% des femmes
    • Laver les sanitaires est fait par 22% des hommes contre 78% des femmes.
    • Bricoler est fait par 71% des hommes et 11% des femmes.
    • Sortir les poubelles est fait par 55% des hommes contre 21% des femmes.

Dans cette étude, on voit que lorsqu’on pose la question, les hommes et les femmes sont plutôt équilibrés dans les tâches dans l’ensemble. Mais quand on regarde les tâches en détails, le plus gros du travail à la maison est fait par les femmes.

Les 3 journées en 1 des femmes

Les femmes aujourd’hui ont trois journées en une: celle au travail, celle à la maison, et celle de femme parfaite à qui on impose d’être toujours séduisante. Ces journées ne sont pas les unes derrière les autres mais ont bien lieu toutes en même temps. Il n’est pas rare qu’une femme au travail gère en même temps la maison et les enfants en répondant à des textos ou des appels par exemple. À ceci s’ajoute les vies qui se passent en dehors comme des vies associatives.

Les femmes dans notre société subissent la pression d’être irréprochables. Comme s’il fallait encore qu’elles montrent au monde qu’elles méritent de travailler et qu’elle sont capables de tout gérer en même temps, et mieux que les hommes.

Dans les pays nordiques, la répartition des tâches est souvent plus équitable. Les congés parentaux en sont le reflet. Quand en France il sont limités à 3 semaines pour les hommes, ils sont répartis de manière égale dans ces pays et les hommes ont alors tendance à prendre plus de responsabilités.

Or la charge mentale a tendance à s’alourdir au moment du congé maternité. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas avant, mais bien que c’est pire après. La femme s’occupe alors du bébé, des courses, de la maison, de l’administratif. C’est à elle de trouver un mode de garde, et gérer les rendez-vous pédiatriques par exemple. Lorsqu’elle reprend le travail, elle continue toutes ces tâches parce qu’elle en a pris l’habitude.

comment se liberer de la charge mentale

Pourquoi il ne faut pas “aider” les femmes?

La phrase « j’aide ma femme à la maison”, est révélatrice du problème de la charge mentale imposée aux femmes. Le fait d’aider veut dire que c’est à la femme de le faire, et que l’homme est sympa de donner un coup de main.

Pour soulager la charge mentale, il est nécessaire que les hommes anticipent les choses sans qu’on ait besoin de leur demander. Vous avez déjà sûrement entendu (ou dit): “je ne suis pas ta mère”?

Attention, cela veut aussi dire ne pas avoir à remercier les hommes lorsqu’ils font quelque chose. Lorsqu’une femme met une machine en route, elle ne prévient pas tout le quartier, il n’y a pas de raison pour que ce soit différent pour les hommes. 

Sur le long terme, la charge mentale pèse sur la santé des femmes. Elle entraîne leur épuisement qui peut conduire au burn-out et à la dépression. C’est ce qu’explique Emma dans sa bande-dessinée “Fallait demander” ou Aurélia Schneider dans son livre La charge mentale des femmes.

Les solutions à la charge mentale

Apprendre à déléguer

Pour relâcher la pression de la charge mentale, il est important de déconstruire les habitudes qu’on a prises pour rétablir son équilibre.

On commence par prendre conscience de la charge mentale. On note tout ce que on fait dans une journée. Puis, on va se féliciter de faire tout ça. Enfin, on peut noter parmi ces actions celles qu’on aurait pu lâcher, déléguer ou ne pas faire. Ensuite, on les délègue!

Déléguer les tâches, c’est l’occasion de lâcher-prise sur ce qui n’est pas fait ou pas fait tel qu’on le veut. On accepte peu à peu de ne pas tout contrôler et de laisser aller sur l’efficacité et la rapidité. Cela veut aussi dire que si la tâche qu’on a déléguée n’est pas faite, tant pis!

Communiquer autour de la charge mentale

Il est également recommandé de ne pas attendre de son conjoint quelque chose si nous n’exprimons pas notre besoin. La communication est importante, sans tomber dans le reproche. On peut dire “J’ai besoin que tu prennes des initiatives. » Poser des ultimatums ou faire grève ne fera qu’entraîner de nouvelles tensions et finalement, fatiguer encore plus les femmes. Quand on est en congé parental, c’est aussi l’occasion de ne pas prendre de mauvais plis. L’idéal est de continuer à partager les tâches. Si cela devient vraiment compliqué, on peut alors avoir une conversation avec son conjoint lors de la reprise du travail pour se répartir équitablement le travail. Si le ménage à la maison est une source de conflit, on peut faire appel à des entreprises d’aides ménagères.

Prendre soin de soi avant tout

Enfin, il est nécessaire de prendre du temps pour soi, se reposer et se détendre. Cela peut passer par apprendre à gérer son stress et son anxiété. S’accorder des moments pour soi et en famille, et ce même si le ménage n’est pas fait. On peut par exemple se lancer dans une petite détox digitale pour nous aider à prioriser ce à quoi on répond au téléphone: on va bien entendu être disponible pour un enfant malade, mais pas pour répondre à “il est où mon truc?”. Pour vous aider à trouver les clefs dans la gestion de votre quotidien et de votre stress, vous pouvez consulter mon programme conçu dans cet objectif. On peut aussi laisser les enfants une journée pour prendre des moments à soi. Cela ne fait pas de nous une mauvaise mère, au contraire! On sera plus détendue et plus apaisée au quotidien.

Se retrouver soi-même

En fait, pour se libérer de la charge mentale, il est important de ne pas culpabiliser et de se faire passer en priorité. On ne trouve que des avantages à travailler sur le sujet. Par exemple, une étude montre que dans un couple où le partage des tâches est plus équitable, les rapports sexuels sont plus fréquents et plus harmonieux. La raison? Les femmes se sentent moins fatiguées et entretiennent moins de rancœur envers leur partenaire. En bref, elles sont plus épanouies et heureuses!