Le développement personnel a une longue histoire

Contrairement à ce qu’on pourrait croire en voyant l’ampleur prise par le développement personnel ces dernières années, que ce soit dans les livres, les films ou partout sur internet, il ne date pas d’hier! Quand on s’intéresse aux philosophes de la Grèce antique, comme Sénèque, Socrate ou Platon, on s’aperçoit que le travail sur soi, pour devenir la meilleure version de soi-même était déjà au centre de leurs préoccupations. Et on retrouve les principes d’une vie saine, équilibrée, en pleine conscience et proche de la nature dans beaucoup d’autres religions et spiritualités, comme le bouddhisme. On pense aux jeûnes, aux retraites en nature, aux moments de silence, etc.

Plus récemment, c’est dans les années 60 qu’on a vu un retour au développement personnel, surtout en Californie avec les mouvements New Age et hippies. Finalement, la vague développement personnel est arrivée avec du retard en France par rapport aux pays anglo-saxons, qui l’ont replacée parmi leurs principales préoccupations depuis plus longtemps. Il a fallu attendre le début des années 2000 pour que les premiers coachs fassent leur apparition en France.

 

Un terme qui a beaucoup de définitions

Développement personnel est un terme très vaste. Cela signifie travailler sur soi, surmonter des blocages pour être plus épanoui et de fait grandir et évoluer. En réalité, il y a plusieurs catégories dans le développement personnel, et il peut être difficile de s’y retrouver.

  • La connaissance de soi, qui permet de développer ses talents, son potentiel, d’améliorer sa vie au quotidien, de réaliser ses rêves… Cela ressemble un peu à un package tout inclus du développement personnel!
  • La transformation de soi, pour surmonter ses blocages, vaincre ses phobies, vaincre l’anxiété, la timidité, etc. Il s’agit du pan qui recouvre tous ce qui concerne les blocages et les résiliences.
  • L’amélioration des performances, pour savoir séduire, gérer son temps, parler en public…l’objectif est de toujours être « plus ». On y retrouve aussi souvent le thème de l’entrepreneuriat.

 

Les différentes branches du développement personnel

Il existe donc trois principales branches dans le développement personnel. Tout d’abord la spiritualité, qui comprend tout ce qui est New Age, lithothérapie, chamanisme, travail de l’âme et de l’intuition, les chakras, les soins énergétiques, etc. Puis, le coaching pour améliorer ses performances, séduire, avoir un bon mindset, ne rien lâcher, etc. C’est là que se situent toutes les spécialisations autour de la vie au travail, du management, des ressources humaines… Et enfin, le mode de vie, tourné autour de la nutrition saine et équilibrée, du sport, souvent aussi du végétarisme ou véganisme, du zéro-déchet, confection des ses propres cosmétiques, consommation éthique, bien-être des animaux et des plantes, etc.

Dans le fond, tout se recoupe, mais on peut facilement se perdre dans tous ces domaines qui restent très vagues. Dans le développement personnel se croisent des gens qui viennent de tous les horizons. Ceux centrés sur l’entreprise sont à la recherche de plus de performance. Ceux sur la spiritualité de plus d’élévation et d’éveil, avec des oracles, de l’encens, etc. Ceux qui veulent se transformer vont le trouver dans des séminaires « à l’américaine » où l’on enlace son voisin, où on bouge tous ensemble pour se booster, où on se surpasse en marchant sur des braises, etc.

Bien entendu, ce sont des images très caricaturales, des clichés! Je veux simplement dire ici qu’il existe plusieurs tendances dans le développement personnel et qu’il est normal de parfois s’y perdre!

les limites du developpement personnel

On peut se perdre dans le développement personnel

Il est important de noter que s’il existe un tel engouement pour le développement personnel, c’est qu’il répond à un véritable besoin. On n’assiste pas à un simple effet de mode, mais à un véritable changement de paradigme du point de vue de l’humanité toute entière. Le développement personnel nous aide à aller mieux, à se trouver, se découvrir, surtout dans nos sociétés où l’on a comblé tous nos besoins – selon la pyramide de Maslow.

 

On fait face à beaucoup d’informations

Quand on débarque dans le développement personnel, on atterrit dans un monde merveilleux et surtout très vaste. Il est facile de se perdre au milieu des livres, des séminaires, des stages, des coachings, des formations, du mentoring, des soins, et de tous les programmes possibles et imaginables! On fait face à une véritable euphorie des débuts une excitation irrépressible. Il existe tellement de choses que quand on met le pied dedans, la tête nous tourne et on risque de devenir addict à chaque « nouveau » concept ou méthode.

On devient ainsi boulimiques d’informations. Le résultat? On sait tout ce qu’il faut savoir, mais on passe tellement de temps à se former que rien ne change vraiment dans notre vie. La raison en est très simple: on ne prend pas le temps d’appliquer ce que l’on apprend au fur et à mesure! Finalement, on se gave de concepts pour repousser l’échéance de la véritable introspection. On remarque d’ailleurs qu’on croise régulièrement les mêmes personnes lors des conventions, des salons, des formations, etc. Cela montre une tendance persistante à chercher à l’extérieur les réponses qui se trouvent en nous.

J’en profite pour faire ici un rappel. Par le passé, le développement personnel a donné lieu à des dérives sectaires ou à des accidents. Je vous invite à visionner le documentaire Netflix « James Arthur Ray, gourou New Age ». Il s’agit la plupart du temps de pratiques non réglementées sur lesquelles il est important de conserver un recul et une réflexion.

 

Quand le développement personnel divise…

En soi, le développement personnel est selon moi quelque chose de très bien, et même génial. Mais cela reste surtout ce que les gens en font, avec un niveau d’évolution qui correspond à chaque personne. On a tous et toute notre niveau d’évolution, nous en sommes à un certain moment du développement personnel. Cela peut-être l’euphorie des débuts, où on découvre un monde nouveau qui s’ouvre devant nous, ou bien plus tard, lorsqu’on est dedans depuis plus longtemps. On est alors éveillé, et il arrive que notre égo se rappelle à nous. Certaines personnes se mettent alors à juger les  personnes qui ne sont pas arrivées à leur niveau, ou à penser qu’elles sont au bout du chemin, qu’elles n’ont plus rien à apprendre. L’autre risque est celui de vouloir toujours faire plus, d’aller toujours plus loin dans nos performances, de vouloir être un modèle.

Vous avez certainement déjà fait face à des personnes très investies dans le développement personnel qui vous ont parues hautaines ou condescendantes. Pour éviter cet écueil, on peut prendre garde à ne pas s’isoler. Cela peut se produire parce qu’on considère que les autres ne nous comprennent plus lorsqu’on a commencé à travailler sur soi et à changer, ou parce qu’on n’a pas envie de fréquenter des personnes non-éveillées.

Or, le développement personnel porte certes bien son nom – car il permet de développer le soi – mais arrivé à un certain niveau, il n’a pas de sens si on ne s’ouvre pas aux autres. Après tout, la mission de vie commune à toute l’humanité est collective, puisqu’il s’agit d’aimer inconditionnellement.

Le développement personnel peut nous mettre la pression

Parfois, on se sent plus mal après s’être ouvert au développement personnel qu’avant. Notamment quand on se rend compte que nos comportements viennent de blessures de notre enfance, de comportements de nos parents, etc. C’est ce qu’explique Lise Bourbeau au travers des 5 blessures qui empêchent d’être soi-même. Cela peut devenir une réelle souffrance qu’il est difficile de transcender.

Rien de plus normal pourtant, cette difficulté fait partie des étapes de la guérison. On rejoint alors un peu l’histoire de la psychanalyse, qui permet de prendre conscience des choses qui nous bloquent, mais qui ne nous donne pas forcément les clefs pour se sentir mieux. On sait pourquoi on souffre, mais on n’arrête pas d’être mal pour autant. Cela explique en partie le succès de l’hypnose, où l’on n’est pas obligé de savoir ce qui a été réglé pendant la séance.

Globalement, il ne faut pas que le développement personnel devienne synonyme de pression. On entend sans cesse qu’il faut penser positivement, qu’être négatif attire le négatif, etc. C’est vrai, mais pour autant il ne faut pas s’empêcher de vivre des émotions désagréables. On reste humains, et nos émotions, notre tristesse, notre colère sont des choses saines qu’il faut s’autoriser à exprimer. De même, le développement personnel ne doit pas nous faire nier les gravités des événements qui se produisent dans le monde. Il y a une différence entre rejeter le contenu digéré fourni par les médias, qui choisissent un point de vue orienté, et nier la vérité des choses, comme les guerres et les catastrophes naturelles. Car, et oui, certaines personnes dites « éveillées » nient ces choses là.

 

Comment prendre du recul avec le développement personnel?

On se fout la paix!

Le conseil à retenir pour ne pas se sentir mal au travers du développement personnel est de se foutre la paix. Ok, on travaille sur soi, mais ce n’est pas grave de ne pas suivre sa routine bien-être absolument tous les jours, de ne pas réussir à progresser du premier coup, de ne pas avoir envie. Si on loupe une journée, on n’a pas à se culpabiliser. On a le droit d’être triste ou déprimé.e sans s’auto-flageller. Se lever très tôt, méditer, faire ses postures de yoga, faire ses affirmations positives devant la glace, tenir son journal de gratitude, manger sainement, etc. Tout cela vient remplir le planning. Se foutre la paix, c’est s’autoriser à vivre ce que l’on a à vivre sans pression.

Souvent, nous ressentons de la culpabilité face au développement personnel – qui fait réagir des choses en nous – surtout quand on se dit qu’on est responsable de notre vie. Or, responsable n’est pas coupable. On a le droit de ne pas savoir tout de suite, de ne pas trouver la solution immédiate à nos problèmes, même si « la clef est en nous ». On a aussi besoin de cheminer pour trouver ces fameuses clefs, de tâtonner, de chercher. Certaines fois, on a besoin de vivre certaines expériences, d’être dans le doute pour se retrouver. Ce ne serait pas drôle s’il suffisait de faire une séance d’hypnose pour trouver chaque fois la solution idéale à nos problèmes!

 

Déculpabiliser dans tous les domaines

Le développement personnel nous donne des recommandations dans tous les domaines de la vie, de notre quotidien et de notre équilibre physique et psychologique. On peut en arriver à culpabiliser sur tout ce que l’on ressent. Pourtant, il est important voire vital de vivre ses émotions, de s’autoriser à être en colère ou triste. C’est tout à fait légitime. D’autant plus que refréner ses émotions fait que celles-ci vont se cristalliser dans notre corps et nous allons en subir les inconvénients. En vivant ses émotions librement, on va les vivre moins longtemps, plus intensément et cela va être libérateur.

 

Alimentation et développement personnel

Autre point sur lequel le développement personnel peut devenir très moralisateur, c’est celui de la nourriture. Se nourrir doit nous donner de l’énergie nécessaire à notre activité et notre santé. Mais il y a des moments où on peut avoir une grosse envie de ne pas manger « sain ». Il faut alors se l’autoriser, sans culpabiliser et sans regretter! On a le droit de ne pas suivre les pressions alimentaires, le végétarisme, le véganisme, le healthy à tous prix. L’important est de préserver sa santé mentale, physique et spirituelle avant tout. Ça ne fait pas de nous une mauvaise personne de manger ce qui nous fait envie, tant que cela est fait en conscience.

Enfin, le développement personnel nous recommande sans cesse de pratiquer la gratitude. Cela ne veut pas dire qu’il est facile d’être dans la reconnaissance de ce que l’on possède quand on subit des coups durs. Quelqu’un qui vient de tout perdre à tout à fait le droit de ne pas être dans la gratitude, et ce sans culpabiliser. Il est normal de parfois avoir du ressentiment. Pour le dire clairement: il est difficile de vibrer l’abondance quand on est dans la panade financièrement, de vibrer l’amour quand on souffre de la solitude, etc. Finalement, nos pensées et nos vibrations sont un choix. Ce ne sont pas des choses simples, elles demandent un effort et une énergie qu’on n’a pas toujours. Il faut accepter que la vie est un chemin et que nous avons des étapes à franchir.

 

Pratiquer la bienveillance commence par soi

Pour résumer, pratiquer le développement personnel oui, mais vouloir être parfait non. On doit travailler à accepter d’être juste humain, et de vivre sa vie en étant bienveillant avec soi. Dans tous les cas, le bonheur est à l’intérieur de nous. Le développement personnel doit participer à établir une connexion profonde avec notre essence, et non pas avec notre cerveau.

C’est pourquoi le développement personnel doit avoir pour vocation de faire réfléchir les gens. Il est important de ne pas suivre ce qu’on nous dit sans réfléchir, mais de se l’approprier et de prendre du recul. Faute de quoi, on devient une cible facile pour toutes les dérives dont on a parlé, car on va prendre des décisions qui ne sont pas les nôtres sous une sorte de pression et de manipulation.

Nous avons notre libre arbitre, et le développement personnel doit nous aider à devenir autonome, et non dépendant.e d’un contenu (des vidéos YouTube, de livres, etc.). Le but est d’aller mieux en étant émancipé.e. Ce n’est pas en achetant tous les livres qu’on va aller mieux, mais en

s’appropriant les méthodes, en réfléchissant, etc. C’est ce qu’on devrait apprendre aux enfants à l’école: à devenir des adultes responsables, réfléchis. Rappelez-vous toujours que vous avez le droit de ne pas être d’accord avec tout.

Par ailleurs, votre avis m’intéresse. Vous pouvez prendre quelques minutes pour répondre à ce sondage et me dire quel est votre plus gros problème en relation avec votre bien-être.