Nos émotions et nous

Une émotion est neutre. Ni positive, ni négative, elle est là pour nous délivrer un message. Dans l’étymologie d’émotion, on retrouve motio, terme latin qui désigne le mouvement. Littéralement, une émotion sert à nous faire bouger! Tant que nous n’écoutons pas une de nos émotions, elle va nous revenir encore et encore, agir sur nous jusqu’à ce que nous comprenions son message, et que nous passions à l’action.

Or, depuis notre plus tendre enfance, on nous fait comprendre qu’il ne faut pas écouter nos émotions. Nous sommes réprimés si nous exprimons trop notre joie (« Calme-toi! ») ou notre tristesse (« Arrête de pleurer! »). Les adultes ne souhaitent pas faire de mal aux enfants en les éduquant ainsi, bien sûr. En réalité, la société valorise les personnes qui brident leurs émotions. Une fois adulte, on entend partout qu’il ne faut pas trop s’écouter, que la vie est difficile de toute façon, etc. Refouler ses émotions permet alors de rentrer dans les cases et de ne pas faire de vagues. Nous appelons cela le « vivre ensemble », et cela vient de l’évolution de notre société. Auparavant, les conflits créés par la colère entraînait souvent la violence, et les hommes étaient généralement armés. Se mettre en colère, c’était donc risquer la mort! C’est pour cela qu’on nous demande de gérer nos émotions encore aujourd’hui.

Nous nous retrouvons alors bien souvent avec des émotions que nous ne maîtrisons pas et qui vont pourtant agir directement sur nous. Je vous propose donc de prendre un peu plus de temps pour vous écouter!

Les messages de nos émotions agissent sur notre corps

Quand on ne prend pas le temps de comprendre le message immédiat d’une émotion, elle va tout faire pour se faire entendre! Les émotions refoulées vont peu à peu créer des noeuds dans le corps, se cristalliser et attirer les maladies.

Il est prouvé que lorsque nous ressentons de la colère, ou de l’agressivité, notre système immunitaire s’affaiblit. A contrario, lorsqu’on ressent de l’amour, de la joie, de l’harmonie, nos défenses immunitaires sont renforcées!

Si l’on écoute pas ses émotions, on somatise. Il n’y a qu’à observer le mot « maladie » pour s’en rendre compte: une maladie est un « mal à dit ». Autrement dit, tout ce qu’on exprime pas ou ce que l’on « dit mal », va s’imprimer à l’intérieur de nous. Nos émotions vont se cristalliser dans différentes parties de notre corps et y trouver un moyen d’apparaître coûte que coûte! Pensez à toutes ces phrases apparemment « innocentes »: « J’en ai plein le dos » (et des douleurs récurrentes), « Je m’en mords les doigts » ( et comme par hasard, je me ronge les ongles), etc. De la même manière, les otites viennent révéler que l’on ne veut pas entendre quelque chose, les problèmes intestinaux, « ce qu’on ne digère pas »… Les « mal à dit » se traduisent littéralement dans notre façon de parler!

le message cache de nos emotions

Quel message vient nous faire passer une émotion?

Les quatre émotions principales sont:

La joie

La joie est déclenchée par le succès, les besoins satisfaits, la complétude, etc. L’émotion qu’est la joie vient toujours nous signifier que nous sommes en accord avec nous-même. Nous sommes dans notre alignement, nos valeurs sont respectées. Nous sommes sur notre bonne voie!

La tristesse

Cette émotion est bien souvent en rapport avec une séparation. Elle naît suite à une perte, un manque, ou tout type de rupture: amoureuse, amicale, professionnelle, etc. Elle est en lien avec notre passé. Nous sommes alors en demande d’écoute et d’affection.

La peur

Ce qui a peur en nous, c’est souvent notre enfant intérieur. En grandissant, il est possible que nous l’ayons laissé de côté. Pourtant, il vient s’exprimer dans nos inquiétudes ou nos terreurs plus profondes, et nous rappeler qu’il est toujours présent et a besoin d’être écouté. Nous avons peur suite à un danger actuel ou potentiel pour notre intégrité physique ou psychique. Bien souvent, nous avons peur du futur.

La colère

Nous sommes en colère lorsque notre territoire est envahi physiquement ou psychiquement. C’est l’expression d’un besoin, d’un dommage qui nous a été causé ou d’une frustration. Quand on ressent de la colère, la question à se poser est: qu’est ce qui n’est pas content en moi? Est-ce notre ego? Notre confiance qui a été trahie? Nos valeurs qui sont remises en question?

 

Comment vivre ses émotions?

Pour bien vivre ses émotions, il faut d’abord prendre conscience que nous en sommes entièrement responsables. Lorsqu’on est en colère ou triste suite à une discussion avec quelqu’un, nous réagissons à ce qu’il ou elle nous dit, mais cette personne n’est pas responsable de ce que nous ressentons.

À l’instant où l’on ressent une de émotions, il faut se demander ce que celle-ci vient nous dire et nous faire faire. Je précise « à l’instant » car une émotion est toujours brève, elle ne dure en moyenne pas plus d’une minute! Si l’on reste longtemps enfermé dans une émotion, c’est que nous cherchons à l’entretenir. Par exemple, lors d’une dispute de couple, c’est la raison pour laquelle tous les vieux dossiers ressortent presque systématiquement, même s’ils n’ont rien à voir avec la source du conflit! Au niveau du cerveau, lorsqu’il ressent cette colère que l’on cherche à entretenir, il va se mettre à chercher toutes les situations où on a ressenti la même colère, d’où les situations anciennes qui reviennent sur le tapis!

Dans tous les cas, il ne faut pas contredire une émotion, simplement l’accepter et la vivre en conscience.

Fuir une émotion, en s’enfermant dans un comportement addictif comme l’alccol, la drogue, le jeu, ou le travail à outrance, revient à nier ses besoins essentiels.

Face à une émotion, prenez un moment pour vous poser deux questions:

  • Pourquoi je ressens cela?
  • Lequel de mes besoins n’est pas satisfait? Nous avons tous des besoins: besoin de reconnaissance, d’accepter de grandir, etc. Les émotions sont là pour nous le rappeler.

La communication bienveillante

Pour exprimer ses besoins, on peut utiliser des phrases de communication non violentes, qui peuvent se formuler ainsi:

–  « Quand tu fais ça… », pour décrire les faits ou la situation sans jugement de valeur ni de morale

–  « Je me sens de cette manière… », pour mettre des mots sur nos émotions, qui ne sont pas dues à autrui.

–  « Car j’ai besoin de … », pour dire le besoin clair et non satisfait qui se cache derrière ces émotions

–  « J’ai besoin que tu fasses telle action », qui doit être exprimée sous la forme d’une requête, dans un langage positif et affirmatif

Si ces quatre étapes sont respectées, nos besoins sont exprimés tels qu’ils sont, et peuvent être reçus sans violence par nos interlocuteurs et interlocutrices.

 

Nos émotions nous montrent la voie

Nous considérons la plupart du temps nos émotions comme agréables ou désagréables. En réalité, ce qui est désagréable est ce qui va nous éloigner de notre véritable source, de notre mission de vie. Bien entendu, à l’inverse, ce qui est agréable nous montre que nous sommes sur le bon chemin.

Dans tous les cas, la règle est de respecter et d’écouter son intuition, elle est notre boussole et notre guide à chaque pas que nous faisons.