Aujourd’hui, on a tendance à combler le vide dans notre vie avec des objets. On pense que le fait de posséder – des objets, des voitures, des téléphones, etc. – nous rend heureux.se parce que cela nous procure une gratification immédiate et personnelle. Pourtant il y a une distinction entre « avoir » et « être », et posséder ne donne pas vraiment de sens à notre vie.

 

On a tendance à l’accumulation

Souvent, on accumule beaucoup d’objets autour de soi parce qu’on pense que le bonheur que l’on ressent dans l’immédiat est plus satisfaisant que celui que nous aurons si nous persévérons dans nos objectifs à longs termes. Pour mieux comprendre comment remplacer l’impatience par la persévérance, je vous propose cet article.

En fait, on veut toujours plus! Quand on achète le dernier iPhone, on est satisfait, jusqu’à ce que le suivant nous fasse encore plus envie et que nous craquions, et ainsi de suite encore et encore.

L’accumulation devient alors compulsive parce qu’on recherche cette fameuse gratification immédiate, et on risque même de tomber dans une forme d’addiction. Pourquoi? Parce que quand on achète, on ressent du contentement, de la satisfaction, mais que cela ne dure pas dans le temps. Comme on va être dans la recherche permanente de ce bonheur, on va recommencer pour retrouver ce plaisir encore et encore! C’est le même fonctionnement que pour les drogues. Au début, on ressent beaucoup de plaisir, mais au fur et à mesure, il va nous falloir plus gros, plus cher, pour retrouver la même dose de plaisir. Et c’est alors qu’on tombe dans la démesure. La procrastination fonctionne de la même manière, quand nous préférons repousser des projets qui vont nous demander beaucoup d’investissement pour un bonheur à long terme, en préférant des petits plaisirs brefs et chronophages.

Posséder nous donne l’illusion du bonheur

En fait, quand nous achetons, nous sommes à la recherche d’une émotion plutôt que de l’objet en lui-même. C’est ce que nous vendent les publicités à la télévision! On ne nous vend jamais une voiture parce qu’elle roule, mais parce qu’elle procure une émotion ou un statut: être non- conformiste, être aventurier.e, etc.

Internet ne nous facilite pas la tâche! Avec toutes les promotions et les bonnes affaires qu’on y trouve, et la possibilité d’acheter sans même se déplacer, on consomme beaucoup plus de tout. Si on regarde l’évolution de la mode, on est d’ailleurs passé de deux saisons – chaude et froide – à une nouvelle collection par mois dans certaines enseignes! Les suédois.e.s sont d’ailleurs très inspirant.e.s dans leur manière de consommer leur vêtements, en se tournant vers des marques éthiques et éco-responsables.

On se retrouve rapidement débordé et on n’a plus de place chez soi! Alors, on déménage pour avoir plus de rangements, et on continue à remplir…Si on souhaite se libérer de cette surconsommation vestimentaire, on peut s’essayer à des challenges comme le Project 333. Il s’agit d’un challenge minimaliste qui consiste à choisir 33 pièces dans sa garde-robe, chaussures et accessoires compris et à ne porter que celles-ci pendant 3 mois. À essayer!

 

Posséder devient synonyme de valeur sociale.

Certaines personnes considèrent que plus elles accumulent de chose, plus elles montrent qu’elles ont réussi socialement. Or, une étude a été faite pour montrer le lien entre le bonheur et l’argent. Les résultats montrent que certes, avoir plus d’argent tend à nous rendre plus heureux, puisqu’on peut voyager plus et avoir plus de loisirs, mais qu’arrivé à un certain pallier, tout ce qui est au-dessus n’apporte pas de bonheur supplémentaire. Ce pallier est subjectif pour chacun de nous. En Europe, on estime que cela correspond à gagner environ 100 000$ par an, soit à peu près 7000€ par mois. Selon les études, en France, quelqu’un est considéré comme riche à partir de cette somme mensuelle.

 

La réponse du minimalisme

Le minimalisme considère que la surconsommation nous éloigne de la richesse financière car les achats à outrance sont des passifs qui ne nous apportent rien et les objets perdent leur valeur avec le temps. Consommer appauvrit!

Il vaut mieux donner ou vendre ce qui nous est inutile, on a alors moins de dettes et moins de stress. Quand on tend vers le minimalisme, on peut se demander « qu’est-ce qui me manque à l’intérieur de moi? » et qu’on a pu combler avec des possessions extérieures. En comprenant ce qu’on a cherché à remplir, on va pouvoir se délester du superflu.

Le minimalisme cherche à nous alléger l’esprit en nous libérant de notre boulimie matérielle. Cela nous aide à avoir les idées claires, et à comprendre que le bonheur se trouve à l’intérieur de nous, et non pas à l’extérieur dans la possession.

 

Comme réponse concrète

On a vu arriver aux USA puis partout dans le monde le phénomène des tiny-house. Une étude américaine a en effet montré que les gens aux Etats-Unis n’utilisent réellement que 40% de leur espace de vie. D’où l’arrivée sur le marché de ces mini-maisons modulables, symbole d’un retour à l’essentiel, à la nature et à la liberté. En effet, quand nos intérieurs sont plus petits, on passe plus de temps à l’extérieur!

 

Le design lui aussi s’inspire du minimalisme, grâce à des concepts comme le less is more de l’architecte allemand Nies Van Der Rohe. Ce mouvement architectural s’étend dans tous les domaines de la création: le graphisme, le design, la décoration, l’expérience utilisateur, etc.

Enfin, autre avantage du minimalisme, c’est qu’il nous permet de gagner du temps, surtout pour faire le ménage! Ranger, nettoyer, prennent beaucoup moins de temps lorsqu’on ne possède que l’essentiel! De même, on gagne beaucoup de temps quand on fait les boutiques ou que l’on cherche quoi porter.

 

Comment débuter en minimalisme?

Dès la fin du 19e siècle, l’économiste italien Pareto avait déjà établi que seulement 20% des objets d’une maison étaient utilisés 80% du temps. Pour commencer à adopter un mode de vie plus minimaliste, il est indispensable de procéder à un grand tri de ce qu’on possède! Si on vit en couple, il vaut mieux faire ce tri à deux et le faire progressivement. L’idéal est de s’y mettre lors d’un déménagement, mais si ce n’est pas au programme, on peut tout simplement le faire petit à petit, pièce par pièce.

 

Le principe est simple, pour chaque objet, il faut se poser ces trois questions:

1. Est-ce que c’est utile pour moi? Si oui je garde, si non, je jette.

2. Est-ce que j’aime cette chose?

3. Est-ce que je m’en sers?

Vous avez répondu oui à l’une de ces trois questions? Alors vous pouvez garder l’objet! En effet, l’utilité n’est pas le seul critère, le lien affectif est tout aussi important, il est normal de garder des objets en soi « inutiles » mais qui nous rappellent de bons souvenirs ou que l’on apprécie.

 

Si on répond non aux questions, on peut alors faire plusieurs cartons:

  • à échanger : les livres, les vêtements en bon état, etc.
  • à donner : à de la famille, à ses ami.e.s, à des associations comme Emmaüs, etc.
  • à vendre
  • à jeter
  • à hacker : je rajoute personnellement cette catégorie pour tous les objets que l’on peut modifier, auxquels on peut donner une seconde vie. Par exemple, si on a un tas de vieux bouquins qu’on ne lira plus, on peut en faire quelque chose de créatif, comme une étagère! Pareil pour les vêtements comme les jeans qu’on peut transformer en short et ainsi de suite…

Le minimalisme privilégie la qualité à la quantité dans tous les domaines: les vêtements, la nourriture, la décoration, etc. Être minimaliste, c’est aussi consommer autrement, en prêtant et en empruntant plutôt qu’en achetant par exemple. Cela peut être des vêtements, mais aussi des outils de bricolages, des livres, ou tout ce dont on ne se sert que ponctuellement, comme un appareil à raclette! On peut s’appliquer un principe très simple: dès que l’on fait entrer quelque chose dans notre maison, quelque chose d’autre doit en sortir.

Faire du tri dans ses possessions peut aussi amener à faire du tri dans ses relations, en s’éloignant des personnes qui nous prennent notre énergie, pour se rapprocher de celles qui nous enrichissent et nous inspirent.

 

L’objectif du minimalisme

Le but du minimalisme est de nous alléger pour se sentir plus libre et heureux.se. On se dit qu’on a le choix, et c’est là que réside notre liberté. Si quelque chose ne nous apporte rien dans notre vie, on peut s’en défaire.

En avançant sur la voie du minimalisme, on peut même finir par faire tenir toutes nos possessions dans un sac à dos, et, concernant certains métiers, pouvoir travailler de n’importe où dans le monde juste en ayant son ordinateur portable sur soi!

Adopter quelques gestes minimalistes, c’est aussi réduire son impact écologique et participer au bien-être commun. Il a cela en commun avec le mode de vie Lagom des suédois.e.s. Pour vous inspirer, vous pouvez retrouver mon tableau minimalisme sur Pinterest.