Derrière le mot un peu barbare, la procrastination est avant tout l’art de tout remettre au lendemain et d’attendre la dernière minute pour faire les choses. Mais pourquoi avons-nous cette fâcheuse manie et comment s’en débarrasser?

 

Pourquoi est-ce qu’on procrastine ?

 

On recherche la gratification immédiate

En général, nous repoussons nos objectifs pour leur préférer une gratification immédiate, c’est à dire un plaisir qui va venir tout de suite, sans attendre. Cela peut être traîner sur les réseaux sociaux, regarder des vidéos de chats sur YouTube, etc. Cette forme de récompense devient peu à peu un comportement habituel. On a alors tendance à faire des achats compulsifs, à développer des formes d’addictions au sucre, à la cigarette, etc. On sait pertinemment que ce n’est pas bon pour nous, mais nous ne pouvons pas nous en empêcher.

La différence fondamentale avec le fait de travailler à atteindre un objectif est que ce dernier ne nous gratifiera que dans le futur. Quand on doit faire quelque chose par obligation, nous ne prenons pas de plaisir à la réalisation. C’est pourquoi nous avons tendance à procrastiner!

Nous avons toujours de bonnes excuses!

Quand on procrastine, on sait très bien que cela va nuire à notre objectif, mais on se retrouve tout de même à consacrer notre temps à des choses qui n’ont pas d’intérêt.

On se trouve alors des excuses en disant que demain sera un meilleur jour pour avancer sur notre projet, ou quel tel ou tel événement nous empêche d’avancer. Dans tous les cas, nous considérons nous ne sommes pas coupable! On va avoir tendance à se laisser distraire par des choses futiles. Souvent, on doit absolument faire quelque chose de vraiment important – payer ses impôts par exemple – et on se met à faire quelque chose de complètement impromptu – comme du scrapbooking! On se met alors en situation précaire pour payer nos impôts, avec une heure de délai, en prenant le risque de voir l’ordinateur planter.

L’action la moins importante des deux va brusquement le devenir. Non, il n’est pas indispensable que vous alliez acheter un paquet de pâtes dans l’heure alors que vous devez avancer sur un dossier!

Enfin, l’excuse que l’on va sortir le plus fréquemment va être: « je travaille mieux sous pression ». Le fait de vouloir travailler « sous pression » va entraîner un travail médiocre. À force de stress, on va sécréter du cortisol. À la longue, cela va nous épuiser et épuiser nos glandes surrénales. On risque de tomber dans le surmenage voire dans le burn-out.

 

On peut procrastiner à court ou à long terme

Il existe deux notions de procrastination:

  • La procrastination à court (ou moyen) terme: comme payer ses impôts, faire le ménage, rendre un dossier, etc. De manière générale, il s’agit d’actions à réaliser qui ont des deadline.
  • La procrastination à long terme, qui regroupe tous nos objectifs de vie: changer de travail, se mettre au sport, arrêter de fumer, etc. En bref, toutes ces choses importantes qui n’ont pas d’échéance.

Avoir ou non une deadline

Quand on a une deadline, on va faire les choses, mais au dernier moment, dans la panique et la précipitation. Tim Urban le « spécialiste » américain de la procrastination appelle cela le « panic monster« . Il explique que dans notre tête, nous avons une personne raisonnée et un petit singe qui ne cherche toujours qu’à s’amuser. Quand l’échéance arrive, jusqu’à atteindre le moment de non-retour, le singe panique et s’enfuit! La personne raisonnée se retrouve alors face à elle-même pour faire dans l’urgence tout ce qu’il y a à faire!

Quand on n’a pas de deadline, le problème est tout autre! Il n’y a jamais de moment de pression et de panique. On va alors pouvoir traîner autant qu’on veut pour faire ce qu’on doit – ou veut – faire, surtout concernant nos projets de vie. On va se dire en permanence « je le ferai un jour… ». C’est alors que cela devient vraiment problématique. On va s’enfermer dans un décalage temporel où l’on va vivre dans le fantasme d’une vie future, rêvée, parce que l’on trouve notre vie pas assez bien. Sans passage à l’action dans le présent, on ne vivra jamais cette vie rêvée dans le futur! Les actions que l’ont fait maintenant construisent notre avenir.

C’est ainsi que naissent des angoisses face aux situations à venir – d’où les personnes qui commencent des projets qu’elles ne terminent jamais – ou que des pensées paralysantes comme « quand j’aurais ceci, je serai plus heureux.se ». Peu à peu, nos projets prennent une ampleur énorme face à laquelle on craint d’être débordé.e, et donc on préfère procrastiner.

 

Comment arrêter de procrastiner ?

 

Les raisons profondes de la procrastination

La procrastination peut, comme on l’a vu, traduire une peur de l’avenir, en particulier lorsqu’on ne sait pas quoi faire de sa vie et qu’elle manque de sens à nos yeux.

Cependant, plus on procrastine, plus on va s’enfermer dans ce mode de pensée. Quand on rentre du travail après une grosse journée et que l’on a un projet à faire par exemple, on va prendre le temps de se délasser – ce qui est normal. Puis on va se rendre compte qu’on a perdu trois heures devant la télé à ne rien faire tout en culpabilisant de ne pas avoir agit. De plus cette inactivité nous aura pris de l’énergie et on sera toujours dans notre fatigue première. On est entraîné.e dans un cercle vicieux qui va nous fatiguer de plus en plus et nous pomper toute notre énergie jusqu’à arriver au dégoût de soi.

Ces blocages sont des programmations de notre cerveau. Des situations passées ou on a réussi sans rien faire – comme en ayant eu notre bac sans réviser – ou une éducation qui nous a imposé d’être perfectionniste, vont rester ancrées et devenir notre mode de fonctionnement.

Il est important de rappeler que la procrastination n’est pas de la fainéantise. Vous ne devez pas culpabiliser en le pensant. Il s’agit réellement d’un problème de blocages qui nous empêchent d’avancer et viennent traduire un manque de confiance et d’estime de soi. Moins on a confiance en soi, moins on va en faire. Pour retrouver confiance et estime de soi, je vous propose un programme de 30 jours pour apprendre à s’aimer.

Comment arrêter de procrastiner?

Se poser la question: « dans quelle situation est-ce que je procrastine? ».

Est-ce que c’est parce que je ne sais pas dire non? Parce que j’ai peur qu’on m’aime moins si je change? Parce que je ne trouve pas de sens à ce que je fais? Vous pouvez noter quelles émotions cela vous procure.

Quand on fait des choses que l’on n’a pas envie de faire c’est souvent parce que nous peinons à dire non. Comme quand nous devons aller à une soirée qui nous ennuie, et que nous retrouvons à entrer dans la douche à l’heure de rendez-vous! Bien souvent, nous avons du mal à dire non et nous ne respectons pas nos limites.

Trouver son pourquoi

Lorsqu’on a tendance à procrastiner sur des projets à long terme, on va devenir spectateur ou spectatrice de sa vie et faire naître des regrets et des frustrations. On va avoir l’impression de passer à côté de sa vie. Il faut alors trouver sa mission de vie, son pourquoi, sa motivation profonde qui va faire en sorte que nous ne lâcherons pas.

Nos peurs et nos blocages nous empêchent d’avancer. Nous pouvons avoir peur de l’échec, ou peur de réussir, mais aussi peur du changement, ou de décevoir nos proches, etc. Pour comprendre ce phénomène, je vous invite à lire mon article sur la peur de l’échec et la peur de la réussite.

Pour en découvrir plus sur la notion de mission de vie, vous pouvez consulter cet article.

 

Agir dans le présent

Pour passer enfin à l’action, imposez-vous de faire immédiatement tout ce qui prend moins de 5 minutes: nettoyer la vaisselle, descendre la poubelle, ranger son armoire, etc.

Pour vous y aider, servez-vous du pouvoir de l’engagement. Dites à un.e ami.e, une communauté, ou un membre de votre famille votre objectif ou votre projet. Demandez à cette ou ces personne.s de vous le rappeler pour vous obliger à agir!

 

Prendre de nouvelles habitudes de travail

Si vous travaillez beaucoup sur ordinateur ou de chez vous, et que vous avez tendance à traîner plutôt que d’avancer, autorisez-vous à faire une pause. Sortez, aérez vous la tête, pensez à autre chose avant de vous y remettre. Vous serez alors plus disponible et efficace.

De manière générale, vous pouvez changer votre contexte de travail: opter pour une déco minimaliste de votre bureau – pour mieux respirer, y voir plus clair et être plus efficace sans distraction – ou tenter l’expérience du coworking! Entouré.e de personnes au travail, vous allez être plus motivé.e et peut-être faire de nouvelles rencontres utiles à vos projets!

Retrouver le plaisir d’agir

Quelque soit votre projet, professionnel ou personnel, pensez à le diviser en plusieurs paliers, plus facile à atteindre. Vous pourrez alors remettre cette notion de plaisir plus régulièrement au fil de votre avancée.

À chaque fois que vous avez réalisé un objectif intermédiaire, récompensez-vous de manière saine: regardez un épisode de série, faire une activité qui vous plait, etc. Vous pouvez ajuster la « taille » de la récompense selon l’importance de l’objectif atteint, et vous offrir selon un après-midi au spa, un week-end, un voyage, ou tout ce qui vous fait du bien!

Dans tous les cas, en retrouvant l’action et le plaisir de créer sa vie, vous reprendrez confiance en vous et en votre pouvoir de créer votre vie rêvée!