Dès leur plus jeune âge, on apprend aux femmes à complexer. Ces complexes peuvent survenir après un accouchement, une prise de poids, une opération, ou tout simplement en vieillissant. Quand les hommes vieillissent, on considère qu’ils s’améliorent – comme le bon vin! Ce n’est pas le cas en ce qui concerne les femmes. Dès lors que l’image de notre corps change, on peut développer de nouveaux complexes! Or, ce sont souvent des perceptions fausses. On a tendance à se trouver répugnante, dégoûtante, on ne veut plus se montrer nue devant notre partenaire, on refuse les contacts physiques… Bref, on peut être d’une incroyable cruauté envers son corps.

 

On nous apprend à être dure envers notre corps

On a toujours tendance à se trouver « trop ». Trop grosse, trop mince, trop grande, trop petite, trop pale, trop foncée, des cheveux trop frisés, trop lisses, des oreilles trop décollées, un nez trop long, la liste est longue!

La faute à qui? Aux images retouchées dont nous abreuvent les médias, les magazines, etc. Ces images ne sont pas la réalité et amplifient tout ce qui concerne le diktat de la minceur, les troubles alimentaires, et les stéréotypes en tout genre. Par exemple, on va immédiatement catégoriser une femme grosse en disant qu’elle est forcément malade, fainéante, qu’elle mange mal, etc. Or ce n’est pas vrai, une femme ronde peut être très sportive et avoir une bonne hygiène de vie! Elles peuvent même être en meilleure santé que certaines femmes minces.

Ces « normes » de beauté sont donc assez récentes, et maintenant, qu’on soit homme ou femme, on se sent obligé•e d’avoir un avis sur le corps féminin. Pourtant – et il est toujours bon de le rappeler – les poils, les vergetures, la cellulite et autres sont normaux! C’est ce que montre le documentaire Embrace, de l’australienne Taryn Brumfitt.

 

 

Le mouvement body-positive contre les diktats de la société

L’histoire du body-positive

On entend de plus en plus parler du body-positive. Mais concrètement, qu’est ce que c’est? Le but du body-positive est d’éduquer les nouvelles générations à aimer leur corps et à être tolérant•e envers les autres. Né aux États-Unis en 1996 à l’initiative de deux femmes: Connie Sobczak et Elisabeth Scott, ce mouvement féministe consiste à accepter son corps et à affirmer qu’il n’existe pas une seule beauté, celle des magazines, mais que tous les corps sont beaux.

Tout ce mouvement a pour but de pousser les gens à adopter une attitude indulgente envers elles et eux-mêmes et les autres, mais aussi de pousser à l’affirmation de soi vis-a-vis de son propre corps. Cette affirmation se construit grâce à l’estime de soi et à l’amélioration de son image de soi.

Tous les corps sont concernés, quelle que soit leur forme, leur taille, leur couleur, leur handicap, etc. L’objectif est de construire une société qui s’occupe de changer le monde et non pas l’apparence physique des gens.

Les actions du body-positive

Aujourd’hui, la « norme » est ce à quoi s’oppose le body-positive. Cette norme, c’est celle de la beauté unique, qui est généralement représentée par une femme blanche, mince, cisgenre (dont le genre correspond au sexe attribué à la naissance), hétérosexuelle et valide. En montrant de vrais corps, le body-positive affirme que la beauté est partout.

Sur Instagram, le #bodypositive se décline en de nombreux hashtags positifs et inclusifs. On célèbre tous les corps, tous les genres, toutes les ethnies et toutes les morphologies sans discrimination ni hiérarchie. Les instagrameuses publient des photos brutes, non retouchées, avec des pauses du quotidien qui ne cachent rien. Parfois, elles vont même souligner des aspects de leur corps que la société considère comme imparfaits: les bourrelets, les poils, les boutons… Cela va à l’encontre de tout ce qu’on voit en général sur Instagram de vies parfaites, lissées par les filtres.

 

Comment se réconcilier avec son corps?

J’écris une lettre à mon corps

On peut être complexée quel que soit sa morphologie. À l’image de Marion Seclin, qui dans sa déclaration à son corps, se présente comme une fille qui complexe de complexer, parce qu’elle s’approche des normes de beauté imposées.

Pourtant, notre corps peut aussi être notre allié. Pour lancer les bases d’une réconciliation, pourquoi ne pas lui écrire une lettre pour le remercier?

Pour cela, il suffit de se munir d’un papier et d’un stylo. Puis, on peut commencer à écrire à son corps pour le remercier pour tout ce qu’il nous a permis de vivre et d’expérimenter: ce qu’on a vu, touché, goûté, senti…toutes nos sensations. On peut ensuite le remercier pour tout ce qu’il nous permet de faire au quotidien, comme aller au travail à pied, faire du sport, lire, écouter de la musique…toutes ces choses qui pourraient paraître anodines au final! Puis, on peut présenter ses excuses à son corps pour l’avoir maltraité parfois, par des mots ou physiquement. Enfin, on peut lui promettre de l’aimer tel qu’il est, avec ses bourrelets, des cicatrices, sa cellulite, etc.

Remerciez votre corps d’avoir toujours été là, et d’être encore là pour les années à venir, remerciez-le d’être votre unique véhicule, remerciez-le d’être humain tout simplement.

Il s’agit bien sûr d’orientation, à vous de personnaliser votre lettre selon votre ressenti et votre vécu. Vous pouvez remercier votre corps d’avoir porté des enfants, de vous avoir permis de voyager, etc.

Pour vous inspirer, je vous recommande cette chaîne YouTube consacrée aux déclarations de femmes envers leur corps.

 

Le mouvement naturiste pour accepter son corps

Travailler sur sa nudité peut nous aider à développer cet amour de soi et de son corps qui nous fait tant défaut. En prenant par exemple le temps de se déshabiller lentement, de ressentir les sensations

sur sa peau, en se faisant des auto-massages…on redécouvre son corps et ses possibilités. De la même manière, dormir nu•e est un bon exercice!

Le naturisme dans son principe de base permet de lâcher prise et d’accepter son corps. Le pratiquer aide à être plus tolérant•e envers les différences des autres tout en aimant son corps.

On peut noter qu’aujourd’hui, 42% de la clientèle des centres naturistes se compose de personnes de moins de 30 ans! Celles-ci sont à la recherche de la liberté du corps et de sensations décuplées – ce qui n’a rien à voir avec la nudité érotique, provocatrice ou contestataire! Dans le naturisme, tout le monde est au même niveau, qu’on soit ridé, jeune, handicapé, etc. Les préjugés s’envolent.

Le naturisme favorise alors le bien-être et l’acceptation de soi, il permet de réduire le stress, d’améliorer l’estime de soi mais aussi de surmonter certains canons de beauté qui nous sont imposés.

 

Mon corps, mon meilleur ami!

Les épreuves de la vie peuvent marquer notre corps, mais il est aussi celui qui peut nous aider à les surmonter, à guérir des maladies, à nous dépasser, à évoluer, etc. Pour se réapproprier son corps après un cancer du sein par exemple, on peut par exemple penser au tatouage thérapeutique, qui aide les femmes à retrouver confiance en elles!

La sophrologie est aussi un bon moyen de renouer un contact apaisé avec son corps. Sophrologue certifiée RNCP, je vous propose de vous accompagner sur ce chemin pour faire la paix avec soi-même.

Le but n’est pas de dire qu’on ne doit pas faire de régime ou de ne plus faire du sport, mais que l’on doit le faire uniquement pour soi, si on en ressent le besoin. Et surtout, le corps qui nous rend heureux•se est le corps dans lequel on se sent bien!

Pour finir sur ce sujet en toute légèreté, je vous conseille de visionner le film I Feel Pretty sur Netflix, qui montre comment l’image que nous avons de notre corps peut changer notre vie du tout au tout, même si notre corps, lui, reste le même.

i feel pretty film Netflix